Où tu sais que tu pourras toujours aller.
Poèmes, haïkus, réflexions, idées, coups de cœur et autres raisons d'écrire un mot ou deux...
13 avril 2021
Refuge
Où tu sais que tu pourras toujours aller.
01 avril 2021
Littoral
Vous avez dans vos cales
Les couleurs des étals
Et les cris des vendeurs.
Pastèques, tissus, alcools à deux sous.
Une foule de sourires
Et l’âme de tant de peuples.
Vous avez la vie des hommes.
Je suis une lumière dans la nuit.
Vous avez dans vos conteneurs
Les heures harassantes des ouvrières esclaves
Pour un linge plus étincelant
D’une simple pression sur un bouton.
Et les écrans trop luisants
Où défilent les héros des enfants.
Vous avez le luxe des hommes.
Je suis une lumière dans la nuit.
Vous avez dans vos voiles
Les vagues de toutes les mers,
Les cris des mouettes et les yeux des poissons,
Les reflets du bois précieux alangui sur le pont
Et le soleil emprisonné dans les lunettes noires.
Vous avez l’horizon des hommes.
Je suis une lumière dans la nuit.
Vous avez dans les yeux
Le sourire de la mort
Qui vous regarde en face
Et vous dit “je t’attends”.
Vous avez dans les mains
Les écueils incertains
Qui tendent leurs bras d’écume
Pour mieux vous décevoir.
Vous avez dans les tripes
La peur de n’être plus,
La peur de ne pouvoir dire adieu
À ceux qui vous espèrent.
Vous avez dans le cœur
Le poids des choses non faites,
Des mots non dits,
Des aubes ratées.
Vous n’avez plus que moi.
Je suis votre lumière dans la nuit.
21 janvier 2021
Déjà ?
Oui, déjà. Déjà deux ans que je n'ai plus rien écrit sous le libellé "Réflexions".
Est-ce à dire que je ne réfléchis plus ? Ce serait aller un peu vite en besogne. Je suis constamment traversé de réflexions. Comme tout le monde. J'enfonce une porte ouverte. Mais depuis bientôt deux ans, je ne me suis plus donné l'autorisation de partager ces réflexions. Est-ce à dire qu'elles ne sont plus dignes d'être partagées ? Ce serait aller un peu vite en besogne. Je ne prétends tout de même pas au Nobel de la réflexion intelligente.
Justement !
C'est ce qui m'a retenu depuis tout ce temps. Le sentiment que ça ne valait pas la peine. Qu'il fallait un Nobel de la réflexion pour que ça vaille la peine de l'écrire. Alors, évidemment, on n'écrit pas. Parce qu'un Nobel de la réflexion, tout de même, ce n'est pas donné à n'importe qui. Donc, silence d'encre.
Dommage.
Je suis passé à côté de plein d'occasion d'écrire. Car il s'agit de cela, in fine. Écrire. M'autoriser à écrire. Et n'en rien attendre. Ça plaît ? Ça intéresse ? J'en suis heureux. Ça ne plaît pas ? Ça n'intéresse pas ? Soit. Mon chemin va par là, je le suis.
Ça fait un peu journal intime, non ? Eh bien ! S'il faut passer par un peu d'intimité pour oser me livrer, je fais fi de la pudeur, pour une fois. Voyons-y comme un exutoire pour toutes les prochaines fois où j'aurai envie de m'exprimer sur un sujet qui pourrait intéresser un peu de monde. De livrer une réflexion que je juge digne de partager. D'écrire pour moi, pour les autres. Je me dis que ça vaut la peine. Et si ça fait réfléchir une seule personne, une seule, sur son propre parcours d'écriture ou de vie, eh bien ! oui, c'est que ça valait vraiment la peine.
07 novembre 2020
D'après Rimbaud...
C'est l'heure
Pétard
28 septembre 2020
aux ombres lumineuses
13 avril 2020
12 avril 2020
Il y a des mots qui riment et des mots qui ne riment à rien
Il y a des mots aimés et des mots détestés
Il y a des mots aériens et des mots telluriques
Il y a des mots tôt et des mots tard
Il y a des mots qu'on cherche et des mots qu'on trouve
Il y a des mots évidents et des mots improbables
Il y a des mots qu'on dit et des mots qu'on tait
Il y a des mots singuliers et des mots pluriels
Il y a des mots rencontrés et des mots croisés
Qu'est-ce qu'on entend dans le mot écriture ?
L'écriture, c'est une promesse de rature, un cœur en pâture, une imposture, l'annonce d'une biture... Mouais, pas terribles les rimes en voiture ou toiture.
Alors, à part ça, qu'est-ce qu'on entend dans l'écriture ? Eh ! bien, un cri. Oui, l'écriture est un cri, bien sûr. Un cri, des cris, les cris. Les cris durs.
Et contrairement aux paroles, éphémères, l'écrit dure.
Donc, les cris durs de l'écrit durent.
Voilà, on tient un bout d'écriture, là !
Quand l'ombre est arrivée, je l'ai remerciée. J'aime le soleil, certes, mais depuis l'ombre. J'ai besoin de son abri. Je le fais confortable. J'y étend un tapis. Tapi dans l'ombre. Et là, sans l'ombre d'une hésitation, je lui demande, à l'ombre, de me raconter ses histoires mystérieuses.
Excuse-moi, dit la flamme. Je te prends à froid et tu n'es peut-être pas très chaud pour ça, mais j'ai une question qui me brûle les lèvres. Et je n'ose pas la poser.
Comment ? "Il faut que tu te lances, flamme."
Oui, tu as raison. Alors, feu à volonté. Après tout, je ne vais pas me faire descendre, hein. Descendre. Des cendres. Ha ! Ha ! Non, ce n'est pas drôle.
Pardon ? "Ce que j'ai fumé ?"
Mais rien du tout. Pourquoi ?
"Parce que ce que je dis est fumeux."
Oui, c'est vrai. Bon, j'y vais, il faut aller au charbon. Mais tu vas me prendre pour une allumée. Donc, la question : est-ce que tu braises ?
6 avril 2020
Je sens l'écriture comme une joie
Je sens l'écriture comme une rencontre
Je sens l'écriture comme une difficulté
Je sens l'écriture comme un chemin
Je sens l'écriture comme un hasard auquel j'ai du mal à me remettre.
Je sens l'écriture comme une joie qui ne cesse de me surprendre.
Je sens l'écriture comme un avalement lent, parfois inexorable. Parfois, seulement.
Je sens l'écriture comme une évidence. En tout cas, chez les autres.
Je sens l'écriture comme une géographie, avec ses territoires à explorer. Ou pas.
Je sens l'écriture comme parler à tout le monde à la fois.
Je sens l'écriture comme une libération. Mais de quoi ? Mystère !
Je sens l'écriture comme un tombeau. Ou ce que j'emporterais au tombeau.
Je sens l'écriture comme un sanglot que j'ai du mal à laisser sortir.
Je sens l'écriture comme une larme que d'autres versent à ma place.
Je sens l'écriture comme une jarre d'eau : c'est un peu lourd, mais c'est bon.
Je sens l'écriture comme un cheval : superbe mais un tantinet impressionnante.
Je ne peux pas écrire. Pas toujours.
Je suis parfois sans. Sans le besoin.
Je sais pourquoi. C'est le bruit.
Pas celui des tondeuses ou des livreurs de pizzas. Ces bruits-là ont droit de cité.
C'est un autre silence que je cherche.
Il se tapit derrière mes bruits.
Ces voix qui couvrent tout et me laissent sec.
Ces murmures qui grimacent, sournois.
Ils font taire le silence.
Mais parfois, j'ai des oreilles de vide où se dissolvent les bruits, où les grimaces n'ont plus de griffes.
Alors, quand je rencontre cet infini, je le laisse me parler de tout ce qu'il y a dans le silence, et j'y dégaine la force de tarir les bruits.
Et dans l'écho qui reste de leur agonie, je reçois enfin ce silence sans lequel je ne peux écrire.