Il est une chose que j'ai comprise récemment sur mon chemin d'étude, c'est la détestation que j'ai de la violence. Voilà un câblage qui ne s'est pas fait lors de ma conception. Je n'ai pas la structure interne nécessaire à la production de la violence.
Je ne parle pas de la violence de la colère, celle qui se manifeste par une voix forte et un regard courroucé. Je parle de la violence que l'on qualifie généralement de gratuite. Celle, donc, que l'on voit au JT, dans les films, dans les livres, sur les réseaux sociaux (que j'ai quittés, Dieu merci), et qui est voulue (car, oui, je prétends que la violence des JT est voulue, mais c'est un autre débat). Celle-là, je ne suis plus capable de l'encaisser. Même lorsqu'elle se situe dans le champ de la fiction. Je ne regarde plus de films réputés violents. Je ne lis pas de romans violents. J'ai arrêté de lire, par exemple, les aventures de la Compagnie Noire, de Glen Cook.

La violence y est présente depuis le début, tout est noirceur, et l'environnement m'a fait fuir. Je ne suis plus capable - l'ai-je jamais vraiment été ? - de supporter cela.
Dans mes jeux, aussi, la violence tend à disparaître. Je ne veux plus de brutalité pour la brutalité. Certes, je joue à Warhammer ou Mordheim, des univers violents.
Mais ce sont, avant tout, des univers ludiques, des histoires "de pirates", c'est-à-dire que l'enfant y trouve son compte car elles ne font pas peur. La violence n'y est pas gratuite, elle est contextualisée, et on ne se blesse pas pour de vrai. Dans certains romans, et je cite encore la Compagnie Noire, il m'a semblé ressentir une complaisance pour la violence. C'est cela que j'évite.
Ce que je dis des livres et des jeux, je le dis aussi des films. J'ai vu, il y a longtemps, Orange Mécanique, de Stanley Kubrick.
Je ne crois pas que je serais capable de le revoir maintenant.
Je peux paraître un bisounours. Soit, j'assume. Le monde réel est assez violent en soi pour qu'il me paraisse inutile d'aller chercher la violence dans l'imaginaire d'un livre, d'un jeu ou d'un film. Alors, pourquoi le font-ils ? Pourquoi des auteurs et autrices vont-ils remuer la vase pour faire remonter la violence dans leurs œuvres ? J'imagine qu'il s'agit d'un exutoire pour toute la violence que la vie a implantée en eux. Je reçois de la violence et, comme les coups, je la rends. C'est peut-être une colère qui s'exprime par l'art pour ne pas s'exprimer en réalité. Il y a sans doute d'autres raisons.
Je ferais plutôt le choix de reléguer cette violence derrière un voile de douceur, de la compenser par la douceur. De proposer autre chose, en alternative. Puisque le monde est violent, rendons-le doux. Certes, je ne porte pas de colère en moi. La vie ne m'a pas donné de raisons d'exprimer de la colère et de la violence. Je ne peux sans doute pas comprendre les raisons qui poussent à injecter de la violence dans l'art. J'en appelle simplement à ce qui me paraît, tout de même, un peu de bon sens. La violence ne guérit pas de la violence. La douceur, la bonté, la bienveillance, l'amour, si.
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