25 décembre 2025

Qui sait ?

Ne pas savoir.
Ne pas toujours savoir.
Ne pas toujours interroger.
Qui a levé la main ?
Y a-t-il forcément une réponse ?

Ne pas savoir.
Ne pas toujours savoir.
Laisser l'incertitue prendre ses quartiers.
Parier sur ce qui sera.
Ou ne sera pas.
Qu'a-t-on à perdre ?

Ne pas savoir.
Ne pas toujours savoir.
L'inconnu est parfois fréquentable.
Il est de bonne famille.
Il est de bonne volonté.
Il n'a pas de mauvaises intentions.
Parfois.

Ne pas savoir.
Ne pas toujours savoir.
Le hasart aussi cède à l'ignorance.

23 décembre 2025

Un peu de douceur dans ce monde de brutes

Il est une chose que j'ai comprise récemment sur mon chemin d'étude, c'est la détestation que j'ai de la violence. Voilà un câblage qui ne s'est pas fait lors de ma conception. Je n'ai pas la structure interne nécessaire à la production de la violence.

Je ne parle pas de la violence de la colère, celle qui se manifeste par une voix forte et un regard courroucé. Je parle de la violence que l'on qualifie généralement de gratuite. Celle, donc, que l'on voit au JT, dans les films, dans les livres, sur les réseaux sociaux (que j'ai quittés, Dieu merci), et qui est voulue (car, oui, je prétends que la violence des JT est voulue, mais c'est un autre débat). Celle-là, je ne suis plus capable de l'encaisser. Même lorsqu'elle se situe dans le champ de la fiction. Je ne regarde plus de films réputés violents. Je ne lis pas de romans violents. J'ai arrêté de lire, par exemple, les aventures de la Compagnie Noire, de Glen Cook.

La violence y est présente depuis le début, tout est noirceur, et l'environnement m'a fait fuir. Je ne suis plus capable - l'ai-je jamais vraiment été ? - de supporter cela.

Dans mes jeux, aussi, la violence tend à disparaître. Je ne veux plus de brutalité pour la brutalité. Certes, je joue à Warhammer ou Mordheim, des univers violents.


Mais ce sont, avant tout, des univers ludiques, des histoires "de pirates", c'est-à-dire que l'enfant y trouve son compte car elles ne font pas peur. La violence n'y est pas gratuite, elle est contextualisée, et on ne se blesse pas pour de vrai. Dans certains romans, et je cite encore la Compagnie Noire, il m'a semblé ressentir une complaisance pour la violence. C'est cela que j'évite.

Ce que je dis des livres et des jeux, je le dis aussi des films. J'ai vu, il y a longtemps, Orange Mécanique, de Stanley Kubrick.


Je ne crois pas que je serais capable de le revoir maintenant.

Je peux paraître un bisounours. Soit, j'assume. Le monde réel est assez violent en soi pour qu'il me paraisse inutile d'aller chercher la violence dans l'imaginaire d'un livre, d'un jeu ou d'un film. Alors, pourquoi le font-ils ? Pourquoi des auteurs et autrices vont-ils remuer la vase pour faire remonter la violence dans leurs œuvres ? J'imagine qu'il s'agit d'un exutoire pour toute la violence que la vie a implantée en eux. Je reçois de la violence et, comme les coups, je la rends. C'est peut-être une colère qui s'exprime par l'art pour ne pas s'exprimer en réalité. Il y a sans doute d'autres raisons.

Je ferais plutôt le choix de reléguer cette violence derrière un voile de douceur, de la compenser par la douceur. De proposer autre chose, en alternative. Puisque le monde est violent, rendons-le doux. Certes, je ne porte pas de colère en moi. La vie ne m'a pas donné de raisons d'exprimer de la colère et de la violence. Je ne peux sans doute pas comprendre les raisons qui poussent à injecter de la violence dans l'art. J'en appelle simplement à ce qui me paraît, tout de même, un peu de bon sens. La violence ne guérit pas de la violence. La douceur, la bonté, la bienveillance, l'amour, si. 

21 décembre 2025

Harmonie

Cette nuit, j'ai cessé de dormir.
Alors je me suis levé.
Et au détour de cet égarement,
Je me suis rencontré.
J'étais là, au bord du chemin, assis.
Je m'attendais.
Tu en as mis du temps.
Je suis parti depuis longtemps
Mais d'un pas lent.
Cheminons ensemble, veux-tu ?
D'accord, mais en musique.
Choisis un CD.
Cette nuit, insomnie rime avec harmonie.

18 décembre 2025

Galaxie

Une galaxie aurait pu tenir dans ce regard vague

Les trous noirs de la mémoire

Bribes de planètes

Une exclamation solaire

L’immensité taiseuse

Comme un suspens

Contemplation

Regarder

Sans voir

Orbites vides

Toujours

Plus

Vides

Puis

Ce petit déclic de la conscience

Un reflet

Stimulus

À la frontière

Tête oscillante

Captive

Des

Pensées

Alerte

Appel

Mouche

Mouche spatiale

Mouche infinie

Toute présence

Mais coupure

L’œil qui se défait

Dénoue

Tranche

Retour

Au

Néant

Alors collision

Présent

Futur

Pensée en apnée

Bulle

Déflagration

Reset

The

Machine

Mouvement des doigts

Objet

Sensation de chaleur

Regard en surface

Reflets du miroir

Scintillement de diamants

Images

Informations

Images

Sensations

Images

Certitudes

Images

Vision

Dans sa tasse, le futur scintillait 

03 décembre 2025

Mémoire

Sur les plaines inessoufflées

Sur les sommets indifférents

Sur les rives âpres de toute mer

Sur les têtes trop lourdes


Le vent portait des secrets


Depuis le premier mugissement

Depuis le premier ciel déchiré

Depuis le premier pas nu

Depuis le premier regard de biais


Le vent portait des secrets


Quand venait la horde échevelée

Quand bramait le sein de la forêt

Quand s’endormait le nouveau-né

Quand veillait la sentinelle


Le vent portait des secrets


Autour des feux de la nuit

Autour des corps abandonnés

Autour des pensées de guerre

Autour des gestes d’amour


Le vent portait des secrets


Parce que parler ne se pouvait

Parce que mourir ne se voulait

Parce que vivre se démenait

Parce que lutter abandonnait


Le vent portait des secrets



Et quand il arrive qu’ils soient déposés par les alluvions de la vie

Ces secrets pèsent plus lourd qu’une carcasse de géant

Parce qu’ils se souviennent de leurs voyages

Parce qu’ils n’oublieront jamais

quand


Le vent portait des secrets


11 juin 2024

Déclarations

Déclaration n°1

On nous demande d'interrompre la retrnasmission pour communiquer au lecteur et à la lectrice des informations de la plus haute importance.

Les Nippodomes ont déclaré la guerre aux Nippodases parce que ces derniers ont osé prétendre que le satellite Nippo gravite autour de Nippoda et non autour de Nippodo. Une allégation douteuse, selon les Nippodomes, qui prétendent, eux, que Nippo gravite autour de Nippodo. Pour clarifier notre propos et permettre au lecteur (ou à la lectrice, bien sûr) de comprendre les tenants et les aboutissants de cette situation tragique, précisons que les planètes Nippodo et Nippoda sont voisines. Très voisines. Au point de plus grande proximité, la distance qui les sépare est inférieure à cinq mètres. Comme les deux planètes ne tournent pas sur elles-mêmes, ce sont toujours les deux mêmes endroits qui se font face. Du côté de Nippodo, c'est la terrasse d'un café. Sur Nippoda, c'est un jardin public. Depuis que la guerre a éclaté, la terrasse de Nippodo et le jardin de Nippoda ne désemplissent pas : d'un côté comme de l'autre, les habitants se relaient pour venir insulter ceux d'en face.

Il est important de mentionner que les Nippodomes étaient déjà en guerre contre les Semodoppin. Ils accusent ceux-ci de tout faire à l'envers. Même leur satellite, Oppin, ne tourne pas dans le bon sens. Les deux planètes sont situées à dix milliards de milliards de milliards d'années-lumière l'une de l'autre. Aussi, la première bataille n'a pas encore eu lieu, les deux armées étant encore en route. D'autres précisions dans quelques minutes, ne quittez pas l'antenne.


Déclaration n°2

Les Proses ont déclaré la guerre aux Alexandrins. Pourquoi ? On n'en a aucune idée et, de notre point de vue, ça ne rime à rien.


Déclaration n°3

Un jour, un capitaine des Zuns a provoqué en duel un lieutenant des Zotres. Ils ont choisi, pour se battre, un terrain neutre appartenant aux Quidams, et situé entre les Zuns et les Zotres. Au cours du duel, un Quidam a été blessé. Aussitôt, les Quidams ont déclaré la guerre aux Zuns et au Zotres. Mais, heureusement, les choses se sont calmées, et tout porte à croire que la guerre des trois n'aura pas lieu.


Déclaration n°4

Chérie, je t'aime, veux-tu m'épouser ?

Je retourne chez ma mère !


 

11 juillet 2023

Suggestion

Et pourquoi pas un sourire ?

Il en passe, parfois,

Dans les ombres du soir

Comme un vol d’hirondelles

Empressées.


Et pourquoi pas l’aile du bonheur

Sur nos têtes inquiètes ?

Après tout, il est à tout le monde,

Comme ce chemin vers les vignes

Loquaces.


Et pourquoi pas un mot ?

Il viendrait du cœur.

Il viendrait à propos

Pour faire taire les angoisses

Nées des ombres du soirs,

Loin du chemin vers les vignes.


Au fond, pourquoi pas ?



                Auderghem, juillet 2023